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CHORALE DE LA CATHÉDRALE

Les pièces du répertoire

ADORAMUS TE CHRISTE

Adoramus te Christe et benedicimus tibi Nous t'adorons ô Christ et nous te bénissons
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum ; parce que par ta sainte croix tu as racheté le monde ;
Qui passus es pro nobis Domine Domine misere nobis! Toi qui as souffert pour nous Seigneur, Seigneur aie pitié de nous!


Ros(s)elli est daté de 1550.

Une autre version, avec seulement les deux premiers versets (jusqu’à “benedicimus tibi” inclusivement) est l’oeuvre de Quirino Gasparini (souvent attribuée par erreur à Giacomo Carissimi). Longtemps, on a attribué ce motet à Mozart, parce qu’on croyait en détenir la partition de sa main. Hermann Spies, en 1922, l’a rendu à son véritable auteur, et Wolfgang Plath a démontré, en 1962, que la copie qu’on avait crue de la main de Mozart (Wolfgang Amadeus) était en réalité de la main de Léopold Mozart (son père). Du coup, ce motet, qui avait reçu le n° 327 dans le catalogue Köchel des oeuvres de Mozart, s’est trouvé rejeté en fin de catalogue parmi les oeuvres qui furent par erreur attribuées à Mozart.


ALMA DEI CREATORIS
Motet de W.A. Mozart (KV 277)

Alma Dei Creatoris Sainte Mère du Dieu Créateur
sed et rei peccatoris mais aussi de l'accusé coupable
mater mater clementissima mère, mère très clémente
tu fac clemens quod rogamus dans ta clémence, fais ce que nous demandons :
fortes fortes ad certamina rends-nous courageux, oui courageux dans les combats


Il s'agir d'un chant d'offertoire, intitulé Offertorium de Beata Virgine Maria (chant d'offertoire consacré à la Bienheureuse Vierge Marie), composé sans doute durant l'été ou l'automne de 1777, à Salzbourg. On pense que cette pièce en fa majeur a été conçue pour compléter la messe en si bémol majeur KV 275 qui fut composée au même moment, ou à peu près, et donnée en l'église Saint-Pierre de Salzbourg le 21 décembre 1777. En tout cas, on cosidère que ces deux oeuvres se complètent très bien. Même style, même distribution.


ALMA REDEMTORIS MATER (Anonyme)

Mère bénie du Rédempteur,
Porte ouverte qui mène au ciel,
Etoile de la mer,
Viens au secours d’un peuple
Qui tombe et cherche à se relever.
Toi qui, au grand étonnement de la nature,
As engendré ton divin Créateur,
Vierge, demeurée vierge,
Qui as reçu la salutation de Gabriel,
Prends pitié des pécheurs.

(traduction donnée par Monique David, alto)


ANGELUS AUTEM DOMINI
de Felice Anerio

Angelus autem Domini descendit de coelo, et accedens revolvit lapidem,

Or l'ange du Seigneur descendit du ciel, et s'approchant, il fit rouler la pierre,

et super eum sedit, et dixit mulieribus : Nolite timere, scio enim quia crucifixum quaeritis.

et il s'assit dessus, et il dit aux femmes : N'ayez pas peur. Je sais que vous cherchez le Crucifié.

Jam resurrexit, jam resurrexit : venite et videte locum ubi positus erat Dominus, Alleluia, alleluia, alleluia!

Ca y est, Il est ressuscité, ça y est, Il est ressuscité : venez et voyez l'endroit où avait été déposé le Seigneur, Alléluia, alléluia, alléluia!

Le texte de ce motet suit d'assez près la version latine (="Vulgate") que Saint Jérôme (né vers 347, mort en 419 ou 420) a donnée de l'Evangile de Matthieu : chapitre 28, versets 2bc + 5 + 6 : "angelus autem Domini descendit de coelo, et accedens revolvit lapidem et sedebat super eum (...) angelus dixit mulieribus : nollite timere vos, scio enim quod Iesum qui crucifixus est quaeritis. Non est hic, surrexit enim sicut dixit ; venite et videte locum ubi positus erat Dominus".

Cet évangile est lu dans la nuit pascale (les années "B", on lit le passage parallèle de Marc ; les années "C", celui de Luc). On en a tiré le texte de plusieurs antiennes pascales.


AVE VERUM CORPUS
de W.A. Mozart (KV 618)

Ave verum Corpus natum de Maria Virgine

Nous te saluons, oui nous te saluons Corps véritable né de la Vierge Marie

Vere passum, immolatum in cruce pro homine

Tu as souffert réellement, tu as été immolé sur la croix pour l'homme

Cujus latus perforatum unda fluxit et sanguine

Ton côté transpercé a laissé d'écouler de l'eau et du sang...

Esto nobis praegustatum in mortis examine, in mortis examine!

Que nous t'ayons goûté à l'avance quand viendra l'épreuve de la mort, oui quand viendra l'épreuve de la mort!

Motet composé le 17 (d'après la partition autographe) ou le 18 (d'après le catalogue personnel de Mozart) juin 1791 à Baden, petite localité balnéaire au sud de Vienne, où Constance, avec leur fils Karl, suit une cure depuis le 4. Le chef de choeur de Baden, l'instituteur Anton STOLL, est un ami de Mozart (et de Joseph Haydn), et Mozart le seconde volontiers. Ce motet a certainement été créé le 23 (juin) à Baden, c'est-à-dire pour la Fête-Dieu, qui se célébrait normalement là le jeudi suivant le dimanche de la Trinité. Le texte se trouve pour la première fois dans un manuscrit du monastère de Reichenau (île du lac de Constance) du XIVe siècle. Dans le sud de l'Allemagne et en Autriche, on le chantait après l'élévation dans les messes solennelles, et lors des bénédictions du Saint-Sacrement. cf. le Liber cantualis (Solesmes, 1983), n° 75.

Comme Palestrina (1525 ou 1526 - 1594), comme Byrd (1543 - 1623), Mozart écrit "in mortis examine" et non "mortis in examine" (Solesmes) (pas de différence de sens), mais il laisse de côté l'invocation finale :"O Jesu dulcis ! O Jesu pie ! O Jesu fili Mariae ! " (Solesmes) ou "O dulcis! o piae! o Jesu fili Mariae, miserere mei! Amen !" (Palestrina, Byrd).


CANTANTIBUS ORGANIS
de Gyula Kertsz (1900 - 1967)

Cantantibus organis

Tandis que jouaient les instruments

Cecilia Domino decantabat dicens :

Cécile ne cessait de chanter au Seigneur :

Fiat cor meum immaculatum ut non confundar !

Que mon coeur soit sans tache, de sorte que je ne connaisse pas la honte !

Cette partition a été publiée dans le numéro daté d'octobre-décembre 1985 de Caecilia (revue de l'Union Sainte-Cécile, Strasbourg) avec sur l'auteur ces précisions :

"Cet élève de Zoltan Kodaly a composé de nombreuses oeuvres profanes et religieuses à la demande des chorales. Remarquable compositeur et pédagogue, actif et plein d'esprit, il a favorisé le mouvement choral en Hongrie par la réalisation de nombreux recueils : Le choeur hongrois, Jeunesse chantante, Le chant. Parmi les recueils de polyphonie sacrée : Harmonia sacra, Cantuale hongrois. Il a fondé une maison d'édition pour permettre aux chorales de pouvoir disposer de partitions à bon marché".

Le texte de ce motet est celui d'une antienne de la Sainte-Cécile (le 22 novembre). Cf. le chapitre que Jacques de Voragine (13ème siècle italien) consacre à la sainte dans sa Légende dorée : Cécile désire demeurer vierge, or on veut la donner en mariage au jeune Valérien. Les instruments qui jouent sont ceux de la noce, et Cécile "dans son coeur ne cessait de chanter pour le seul Seigneur : 'Seigneur, que mon coeur et mon corps soient sans tache, de sorte que je ne connaisse pas la honte!' [= et cantantibus organis illa in corde soli Domino decantabat dicens : Fiat, Domine, cor meum et corpus meum immaculatum, ut non confundar]"

C'est ce texte qui a fait de Cécile la patronne des musiciens. Si on ne se rappelle pas le contexte d'origine, l'antienne elle-même, à cause des mots qu'elle laisse de côté, donne à penser que les "instruments" accompagnent saintement le chant de Cécile! - alors que la vie de la sainte oppose son chant intérieur et secret au bruit païen de la fête (ce mariage va être l'occasion pour Cécile d'amener Valérien au baptème).


CHRISTUS FACTUS EST
de Felice Anerio

Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem usque ad mortem

Le Christ est devenu pour nous obéissant jusqu'à la mort jusqu'à la mort

mortem autem crucis. Propter quod et Deus exaltavit illum

et la mort de la croix. C'est pour cela aussi que Dieu l'a élevé au plus haut

et dedit illi nomen quod est super omne nomen quod est super omne nomen.

et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, qui est au-dessus de tout nom.

Ce texte s'inspire -en latin- d'un passage (en grec) de la Lettre de Paul aux Philippiens (chap. 2, versets 8 et 9). "nomen" traduit le grec "to onoma" : "le nom". Il s'agit selon le verset 11 qui suit, du nom même de Dieu, imprononçable (en ce sens aussi, il est "au-dessus de tout nom"), que la Bible grecque (et le verset 11 susdit) rend par "Kurios" (cf. "Kyrie eleison" : Seigneur, aie pitié"), la Bible latine par "Dominus", la Bible française par "Seigneur".

Ce texte est celui d'une antienne qui se chante (à Laudes) ou se dit (aux autres heures)

- le Jeudi Saint : jusqu'à "ad mortem" inclusivement (et sans la répétition de "usque ad mortem")
- le Vendredi Saint : jusqu'à "crucis" inclusivement (et sans la répétition de "usque ad mortem")
- le Samedi Saint : jusqu'à "omne nomen" inclusivement (et sans répéter "usque ad mortem" ni "quod est super omne nomen")


CONFIRMA [HOC DEUS]
de Gregor Aichinger

Confirma hoc Deus quod operatus es in nobis

Affermis, ô Dieu, ce que tu as réalisé en nous ;

a templo sancto tuo quod est in Jerusalem

depuis Ton temple saint qui est à Jerusalem,

tibi offerent reges munera, alleluia, alleluia, alleluia !

les rois T'offriront des présents, aléluia, alléluia, alléluia !

Extrait du Psaume 67 (sauf les "alleluia").

Cf. la 1ère antienne du IIème Nocturne du Dimanche de la Pentecôte, qui comporte les deux premières lignes ci-dessus et accompagne le psaume 32. ; cette antienne se chante également pendant que l'évêque se lave les mains après avoir confirmé.

C'est également l'Offertoire de la Pentecôte.


« Domine, salvam fac rempublicam... »

Cette prière concordataire, que nous avons chantée, avec la polyphonie d’Alphonse HOCH, à la fin de la messe télévisée du 10 octobre 1999, peut se traduire ainsi : « Seigneur, assure le salut de notre pays ! Exauce-nous en ce jour où nous t’avons invoqué ! »

Dans l’état actuel de mes connaissances (...), la forme actuelle de cette invocation fait son apparition après la Révolution française, sous le Consulat, et plus exactement, on ajoute alors une formule à l’intention des Consuls (« salvam fac rempublicam, salvos fac consules »).

Sous Napoléon, dès son sacre (cf. la partition de PAISIELLO), l’invocation devient, en sa première partie : « Domine, salvum fac imperatorem nostrum Napoleonem ! » : « Seigneur, assure le salut de notre empereur Napoléon ! » On reprendra la même formule exactement pour Napoléon III : voir en particulier la Messe solennelle de sainte Cécile de GOUNOD, créée le 22 novembre 1855. Mais l’invocation républicaine est une adaptation d’une prière très ancienne en faveur du roi, prière qui est la citation pure et simple du dernier verset du Psaume 19/20 dans la Bible latine traditionnelle (la Vulgate) : « Domine, salvum fac regem, et exaudi nos in die qua invocaverimus te ! » : « Seigneur, assure le salut du roi [...] »

Le Père METZGER, professeur à la Faculté de théologie catholique de Strasbourg, m’ a signalé l’existence de cette invocation lors de plusieurs cérémonies (en particulier un sacre) décrites dans le Pontifical romano-germanique (rédigé à Mayence au milieu du 10ème siècle). Je remercie aussi le Père GRASSER, président de l’Union Sainte-Cécile, et le Père LEVRESSE, Chancelier de l’Archevêché, pour leurs précieuses informations.

François GIROUDOT


EN NATUS EST EMMANUEL
de Michael Praetorius

En natus est Emmanuel, Dominus, Voici qu’est né Emmanuel, le Seigneur
Quem praedixit Gabriel, Dominus, Qu’a annoncé Gabriel, le Seigneur.
Dominus Salvator noster est. Le Seigneur est notre Sauveur.
Hic jacet in præsepio, Dominus, Il est ici, couché dans une crèche, le Seigneur,
Puer admirabilis, Dominus. Enfant admirable, le Seigneur.
Hæc lux est orta hodie, Dominus Cette lumière s’est levée aujourd’hui - le Seigneur -
Ex Maria Virgine, Dominus. De la Vierge Marie, le Seigneur.
Laudetur Pater, Filius Dominus, Que soient loués le Père, le Fils Seigneur
Et Sacratus Spiritus, Dominus. Et l’Esprit Saint, le Seigneur.


EN TOI, SEIGNEUR, MON ESPERANCE

Adaptation française d’un cantique anglais de 1874 (musique du compositeur britannique Clement Cotteril SCHOLEFIELD, 1839-1904).

M. Francis VONARB, animateur à la Cathédrale (cf. messe télévisée du 10 10 1999), a bien voulu nous communiquer le texte original (de John F. ELLERTON ; 1870), qu’il a trouvé dans The Methodist Hymn Book. Qu’il en soit vivement remercié ! En voici la traduction d’Anne-Marie GIROUDOT :

1. Le jour que Tu as donné, Seigneur, est fini ;
L’obscurité tombe à Ton commandement ;
Vers Toi montaient nos hymnes du matin
Te louer sanctifiera notre repos

2. Nous Te rendons grâce car Ton Eglise vigilante,
Pendant que la terre accomplit sa révolution vers la lumière,
A travers le monde entier
Continue à veiller,
Et ne se repose ni de jour, ni de nuit

3. Quand sur chaque continent, sur chaque île
L’aurore amène un jour nouveau,
La voix de la prière jamais ne se tait
Les accents de louange jamais ne s’éteignent.

4. Le soleil qui nous invite au repos éveille
Nos frères sous le ciel d’occident
Et d’heure en heure de nouvelles lèvres
Célèbrent Tes merveilles

5. Qu’il en soit ainsi, Seigneur ; Ton trône,
Au contraire des orgueilleux empires de la terre, ne passera jamais.
Ton Royaume demeure et grandit pour toujours,
Jusqu'à ce que toutes
Tes créatures reconnaissent Ta puissance.

Anne-Marie GIROUDOT


EXSULTATE JUSTI
de Ludovico da Viadana

Exsultate justi in Domino, rectos decet colladatio.

Exultez, vous les justes, dans le Seigneur : la louange convient aux hommes droits.

Confitemini Domino in cithara, in psalterio decem chordarum !

Célébrez le Seigneur sur la cithare, sur la harpe à dix cordes !

Psallite illi, cantate ei canticum novum !

Jouez pour lui, chantez-lui un chant nouveau !

Bene psallite ei in vociferatione !

Jouez pour lui avec art pendant l'acclamation !

Le texte est composé des trois premiers versets du Psaume 32 dans la Bible latine traditionnelle ; la traduction liturgique est un peu différente de celle donnée ci-dessus :
Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! Hommes droits, à vous la louange ! Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, jouez pour lui sur la harpe à dix cordes. Chantez pour lui le cantique nouveau, de tout votre art soutenez l'ovation.


JUBILATE DEO
attribué à Guillaume Bouzignac

Jubilate Deo, omnis terra ! Servite Domino in lætitia,

Criez votre joie à Dieu, toute la terre ! Servez le Seigneur dans la joie

alleluia ! Sanctum Jubile celebrat Ecclesia : Introite, fideles,

alleluia ! C’est un jubilé sacré que célèbre l’Eglise : Entrez fidèles,

in conspectu ejus ; sumite panem sanctum in exultatione !

en Sa présence ; prenez le pain sacré dans l’allégresse !

Scitote quoniam ille qui pascit nos est Deus.

Sachez que celui qui nous nourrit, c’est Dieu.

Ipse fecit nos, et non ipsi nos.

C’est Lui qui nous a faits, nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes.

Ce motet reprend en bonne partie le début du Psaume 99 selon la Vulgate : “Iubilate Deo, omnis terra ! Servite Domine in lætitia, introite in conspectu eius en exultatione, scitote quoniam Dominus ipse est Deus. Ipse fecit nos, et non ipsi nos, populus eius et oves pascuæ eius. [...]”


JUBILATE DEO
composé en 1945 par Laszlo HALMOS

Jubilate Deo, omnis terra,

Acclamez Dieu, toute la terre,

psalmim dicite nomini eius ;

chantez un psaume en l’honneur de son Nom ;

venite et audite, et narrabo vobis,

venez et écoutez, et je vous raconterai,

omnes qui timetis Deum,

vous tous qui craignez Dieu,

quanta fecit Dominus animæ meæ,

tout ce qu’a fait le Seigneur pour mon âme,

alleluia!

alléluia!

A très peu près, ce texte met bout à bout le début du Psaume 65 de la Bible traditionnelle (la Vulgate) et son verset 16 :”Jubilate Deo omnis terra ; psalmum dicite nomini ejus [......] ; venite , audite et narrabo, omnes qui timetis Deum, quanta fecit animæ meæ [....].”


JUBILATE DEO
de Franz Xaver RICHTER (1709-1789)

Jubilate Deo, omnis terra,

Acclamez Dieu, toute la terre,

servite Domino in lætitia,

servez le Seigneur dans la joie,

cantate Domino canticum novum :

chantez au Seigneur un chant nouveau :

laus ejus in ecclesia sanctirum,

qu’il soit loué dans l’assemblée des fidèles,

alleluia!

alléluia!

Ce texte met bout à bout le début du psaume 99 (de “Jubilate” à “lætitia”) et le début du Psaume 149 (de “cantate” à “sanctirum”) tels qu’ils apparaissent dans la Bible latine traditionnelle (la Vulgate). Dans la Vulgate, le Psaume 149 commence et finit par “alleluia”


LAUDATE DOMINUM
de W.A. Mozart, tiré des Vesperae solennes de Confessore (KV 339)

Laudate Dominum omnes gentes, laudate eum omnes populi

Louez le Seigneur, toutes les nations ! Louez-le tous les peuples !

quoniam confirmata est super nos misericordia ejus

parce que sa miséricorde s'est fait sentir envers nous

et veritas, veritas Domini manet, manet in aeternum.

et que la vérité, la vérité du Seigneur demeure, oui demeure pour l'éternité.

Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto

Gloire au Père et au Fils et à l'Esprit Saint

sicut erat in principio et nunc et semper

comme il était au commencement et maintenant et toujours

et in secula seculorum, Amen ! Amen ! Amen ! Amen !

et dans les siècles des siècles, Amen ! Amen : Amen ! Amen !

Psaume 116 de la liturgie latine traditionnelle (sauf les répétitions de "veritas", "manet", "Amen !") et 5ème et dernier psaume des vêpres de la fête d'un "confesseur non-pontife" (comme François d'Assise). Ces Vêpres solennelles d'un Confesseur KV 339 comportent ces 6 psaumes : 109 (en ut majeur), 110 (en mi bémol majeur), 111 (en sol majeur), 112 (en ré majeur), 116 (en fa majeur) et le Magnificat (en ut majeur). Oeuvre composée à Salzbourg en 1780, sans doute pour la Saint-Jérôme (30 septembre), fête de l'archevêque Hieronimus Colloredo. Déjà en 1779 Mozart avait composé de telles vêpres, qu'on appelle à tort Vesperae de Dominica (Vêpres du Dimanche, KV 321), à Salzbourg également et sans doute pour la même fête.

 


LOCUS ISTE
de Anton Bruckner, opus 92

Locus iste a Deo factus est : inaestimabile sacramentum. Irreprehensibilis est.

Ce lieu est l'oeuvre de Dieu : Mystère inestimable. Il est irréprochable.

Ce motet est la première oeuvre d'église composée à Vienne par Anton BRUCKNER. C'est le premier des ses quatre graduels (le 2ème est Os justi, en 1879 ; le 3ème est le Christus factus est de 1884 ; le 4ème est Virga Jesse, en 1885). Il a été exécuté pour la première fois le 29 octobre 1869, accompagnant la Messe en si mineur, pour l'inauguration de la nouvelle cathédrale Notre-Dame de Linz (en fait, l'inauguration de la chapelle votive ; les retards apportés à la construction de cette nouvelle cathédrale - commencée en 1862 - sont tels que l'exécution a lieu en plein air !). On sait que Bruckner a été organiste à l'ancienne cathédrale (de Linz) de 1856 à 1868.

Le texte (tel qu'il est ci-dessus, c'est à dire sans les répétitions) est celui de la première incise du graduel de la Dédicace d'une église : Graduel de 1974, sans changement depuis le Paroissien 800, édition de 1959.

"Bruckner est dans l'histoire de l'art européen, un des très rares génies auxquels le destin accorde de pouvoir donner une expression de surnaturel et de rendre présent le divin en notre monde humain." (Wilhelm Furtwängler)

Bruckner est né le 4 septembre 1824 en Haute-Autriche, à Ansfelden, village voisin de l'abbaye de Saint-Florian (située à une quinzaine de kilomètres au S-E de Linz). Il a été admis au Conservatoire de Vienne, en qualité de professeur d'harmonie, contrepoint et orgue, en juillet 1868, et il y demeurera jusqu'à sa mort. Selon le voeu de son maître S. Sechter, il lui succède également comme organiste de la Chapelle Impériale (Hofkapelle ; nomination datée du 4 septembre 1868) [S. Sechter est décédé en septembre 1867]. Mort à Vienne le 11 octobre 1896, le corps de Bruckner repose, selon son voeu, dans la crypte de l'abbatiale susdite, au-dessous du grand orgue. Saint-Florian avait joué dans son enfance et sa jeunesse un rôle décisif.

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