Il pleut, il pleut bergère

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Mélodie - Seq. by Joseph Guix
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Fabre d'Eglantine

Il pleut, il pleut bergère,
Presse tes blancs moutons,
Allons sous ma chaumière
Bergère, vite, allons.
J'entends sous le feuillage
L'eau qui tombe à grand bruit,
Voici, voici l'orage
Voici l'éclair qui luit.

2. Entends-tu le tonnerre?
Il roule en approchant,
Prends un abri bergère
A ma droite en marchant.
Je vois notre cabane,
Et tiens, voici venir
Ma mère et ma sœur Anne
Qui vont l'étable ouvrir.

3. Bonsoir,bonsoir ma mère,
Ma sœur Anne bonsoir,
J'amène ma bergère
Près de nous ce soir.
Va te sécher ma mie,
Auprès de nos tisons.
Sœur, fais-lui compagnie,
Entrez, petits moutons.

4. Soignons bien, ô ma mère
Son tant joli troupeau;
Donnez plus de litière
A son petit agneau.
C'est fait, allons près d'elle
Eh bien, donc, te voilà!
En corset qu'elle est belle
Ma mère voyez-la.

5. Soupons! Prends cette chaise,
Tu seras près de moi;
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi.
Goûte de ce laitage
Mais tu ne manges pas!
Tu te sens de l'orage?
Il a lassé tes pas.

6. Eh bien! voilà ta couche:
Dors-y bien jusqu'au jour;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d'amour.
Ne rougis pas, bergère,
Ma mère et moi demain
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.


Cette « bergerie » bien dans le goût de la fin du XVIIIe siècle, devenue une des plus célèbres chansons enfantines, est l'œuvre de Fabre d'Eglantine. Moins délicat en politique qu'en poésie, ce farouche « montagnard » fut décapité en même temps que Danton.

This delicate romance about shepherds, very much in the taste of the end of eighteenth century, was written by Fabre d'Eglantine, a famed revolutionnary politician, who was beheaded with Danton in 1794. - With thanks to Philippe Pierson for the French and English commentary.

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