Revue de presse


© L'Alsace, 28-10-2005

Deux jours pour chanter Noël
Le Centre d'art polyphonique d'Alsace organise, les 3 et 4 décembre, un week-end de chant à Mulhouse. Objectif : faire partager un répertoire varié et se produire en public.

C'est une première mais le directeur du Centre d'art polyphonique d'Alsace, Denis Haberkorn, souhaite en faire une idée qui dure : le week-end des 3 et 4 décembre, choristes débutants et expérimentés sont invités à chanter Noël à Mulhouse. Principe : les personnes choisissent parmi quatre ateliers vocaux proposés, suivent les séances de répétitions et se produisent en concert le dimanche, dans le cadre des rendez-vous de l'avent au temple Saint-Etienne.

“ C'est un défi de vouloir aboutir à un concert en si peu de temps”
Noëls classiques ? Populaires ? Du monde ? Enfantins ?
(Photo l'Alsace)                               Quatres chefs et quatre ateliers, pour faire votre bonheur vocal !


Cette immersion intensive dans le chant a plusieurs objectifs. « D'abord, c'est l'occasion pour des gens qui n'ont jamais chanté en chœur de se lancer, faire une première expérience, indique Bernard Beck, membre de l'équipe du Capa. Pour ceux qui chantent déjà dans une chorale, c'est la possibilité d'avoir une pratique différente, de découvrir de nouveaux répertoires. » « L'une des missions du Capa est de développer la pratique du chant partout en Alsace, poursuit Denis Haberkorn, ce projet s'inscrit tout à fait dans ce cadre. C'est un défi de vouloir aboutir à un concert en si peu de temps. C'est aussi une expérience originale, une dynamique. » Ce week-end sera encadré par des chefs de chœurs expérimentés, formateurs au Capa et enseignants musiciens. Ils se donnent pour objectif de monter un programme de qualité, aussi intéressant à chanter qu'à écouter en concert, tout en restant accessible à tous. L'autre attrait du projet est le mélange des générations et des répertoires, permettant à chacun de trouver sa voie… ou plutôt sa voix ! « Chanter Noël à Mulhouse » propose aux choristes quatre ateliers différents, trois pour les adultes et un pour les enfants. Jean-Luc Roth, professeur agrégé de musique, directeur de l'ensemble vocal Euterpe, dirige les Noëls a classiques. Denis Haberkorn, directeur du Capa et du sextuor vocal « Maybe Five », puise dans le répertoire des Noëls populaires français. Bernard Beck, directeur du Chœur de Haute Alsace et de l'ensemble « Vocaléidos », opte pour des Noëls du monde. Aline Ringenbach, professeur de formation musicale et de chant choral au conservatoire de Mulhouse, encadre l'atelier ouvert aux enfants (8 à 12 ans), avec Marie-Hélène Supply, responsable des activités pour la jeunesse au Capa. Les organisateurs espèrent réunir au moins une vingtaine de personnes par atelier. Ce stage musical intensif s'ouvrira le samedi à 14 h et s'achèvera le dimanche par un concert à 17 h. Les ateliers se déroulent au foyer de l'Eral, rue Engel-Dollfus à Mulhouse.

S'INSCRIRE
« Chanter Noël à Mulhouse », les 3 et 4 décembre. Tarifs : 20€ adultes, 10€ enfants. Renseignements et inscriptions au Capa, « le Kleebach », tél.03.89.77.91.80 ; capa calixo.net.
F.M.

 

© L'Alsace, 29-09-2005
Capa : l'ouverture musicale et géographique.


.(Photo l'Alsace)

Depuis un an, l'Arefac, structure qui chapeaute la maison du chant au Kleebach et le Centre d'art polyphonique d'Alsace (Capa), multiplie les efforts pour remonter la barre. En septembre 2004, la situation financière menaçait de faire chavirer l'ensemble du bateau, mais aujourd'hui, les vents semblent plus favorables. Les partenaires publics se montrent d'ailleurs plus confiants : le Capa vient de signer une convention triennale avec l'État, la Région et les deux Départements. Ce qui lui garantit des subventions jusqu'en 2007, des subventions qui ont augmenté de plus de 14 % passant à 301 700 € pour un budget global de 380 000 €.


Une plaquette tirée à 12 000 exemplaires

Pour l'avenir, le Capa se doit de remplir les obligations du dispositif national « Mission voix ». Pour renforcer son identité propre, celle d'une structure qui œuvre au développement des pratiques vocales dans toute la région, le centre va quitter le Kleebach pour s'installer à Colmar. Le directeur Denis Haberkorn espère bien que cela sera réglé en mars. Par ailleurs, le centre va développer cette année encore son ouverture à tous les registres musicaux. Il a aussi multiplié les partenariats pour proposer des stages ou animations dans toute la région. Tous ces objectifs trouvent leur illustration dans la plaquette que le Capa vient de sortir à 12 000 exemplaires pour présenter le programme de la saison. Celui-ci est décliné par rubriques : « La voix dans tous ses états » avec, par exemple, un stage à Strasbourg sur la voix et le taï chi chuan, un autre à l'école de musique de Colmar sur l'improvisation vocale, « La direction » pour les chefs de chœur, « La découverte » pour découvrir de nouveaux répertoires (musique médiévale à Sélestat ; chanson française à Rixheim et Mundolsheim…) ; etc. En ce qui concerne le Kleebach, l'Arefac est en train de monter un programme de rénovation pour fin 2006. « On est encore dans la phase du montage. On part toujours sur un plan de financement de 950 000 €, mais cela n'a fait hurler personne », déclare la présidente Anne-Marie Jean. L'idée étant de maintenir une dominante vocale dans l'utilisation de cette maison, mais de l'ouvrir à une activité touristique pour rendre le site rentable.

Voix : l'état des lieux

Le Centre d'art polyphonique d'Alsace a été chargé d'un chantier pour cette saison : dresser un état des lieux des pratiques chorales en Alsace. Le travail a commencé en juin par un recensement des chorales et des groupes vocaux de la région. « J'ai toujours entendu que l'Alsace était la terre du chant avec 40 000 choristes. On va pouvoir vérifier cela de manière rigoureuse. On terminera cette phase en octobre et je pense qu'on devrait avoisiner les mille chorales », explique le directeur Denis Haberkorn. Ensuite, deux questionnaires seront envoyés à toutes les structures, l'une pour le chœur, l'autre pour le chef de chœur, afin d'approfondir l'approche en terme de fonctionnement, profil artistique, répertoire, formation, etc. Cette démarche répond à une demande nationale. Il s'agit dans l'avenir de mieux coller aux demandes et besoins des chorales.
Annick Woehl


© Dernières Nouvelles d'Alsace, 30-08-2005

Jeunes chefs en chœur


.(Photo DNA)

Le Capa (Centre d'Art Polyphonique d'Alsace) proposait cette semaine son dernier stage d'été au Kleebach, «En chœur sur scène», organisé en collaboration avec l'Inecc Lorraine (Institut Européen de Chant Choral).

De plus en plus de chœurs et de chefs de chœurs souhaitent élargir les répertoires abordés et renouveler la forme de leurs concerts. Un courant s'est récemment développé dans les pays anglo-saxons et en Scandinavie donnant naissance à des « show choirs ». C'est dans cet esprit que se déroulait ce dernier stage d'été.
Initiation à la direction chorale pour de jeunes musiciens ou perfectionnement pour chefs de chœur déjà confirmés, les 24 stagiaires ont bénéficié des conseils avisés du Hollandais Harold Lenselink, pointure mondiale dans ce registre. Chef des Chœurs de chambre et de jazz du Conservatoire d'Alkmaar, depuis 1984 chef du Chœur et de l'Orchestre universitaires d'Utrecht, il a également dirigé durant vingt ans l'ensemble de jazz vocal Umbellifera.
Axée sur la comédie musicale, la chanson française et le jazz, diverses questions ont été abordées lors de la formation : comment construire un vrai spectacle, la relation entre la forme et le contenu, le! s rapports au temps et à l'espace, se sentir bien sur scène, le rapport au texte chanté ou parlé, comment chanter en chœur la musique pop et le jazz et faire répéter les arrangements pop/jazz, sans oublier la place de l'humour et de l'émotion dans le spectacle.
Autre intervenant de qualité, Hollandais lui aussi, Michaël Van Buuren a formé les stagiaires à la mise en scène. Il a débuté au théâtre et dans diverses séries hollandaises en tant qu'acteur, invité ou scénariste. Depuis 1998, il enseigne la comédie et dirige l'Académie Frank Sander pour le théâtre musical à Amsterdam.
Le résultat de la semaine de travail de ces jeunes chefs de chœur internationaux a été servi samedi soir en plein air, dans le magnifique cadre de l'amphithéâtre du Kleebach. Le directeur des lieux Denis Klein et Denis Haberkorn, directeur du Capa, ont accueilli un public enthousiasmé par un concert de qualité faisant la part belle à un répertoire tantôt jazzy, tantôt mélancolique ou entraîna! nt, comme «Y'a d'la joie» de Charles Trenet. La prestation du trio, Erwin Siffer au piano, Jérémie Lirola à la basse et Raphaël Sonntag à la batterie, a rehaussé les interprétations des talentueux choristes, parmi lesquelles Christèle Barléon à qui Harold Lenselink a eu le plaisir de céder sa place pour «Gilory», un chant dans la langue des tziganes.



© Dernières Nouvelles d'Alsace, 21-08-2005
Concert «jazzistique»


Découverte du jazz et des improvisations pour plusieurs des participants.(Photo DNA)

«Couleur Jazz», l'un des stages d'été proposés par le CAPA (Centre d'Art Polyphonique d'Alsace) au Kleebach, s'est achevé hier matin par un agréable concert-apéritif «jazzistique».

Chanteuse de jazz, Christine Clément a été pour une petite semaine, la formatrice d'une vingtaine de stagiaires venus découvrir la pratique du jazz vocal.
A partir de partitions, assistée par le pianiste Christophe Imbs, elle a fait travailler un groupe essentiellement féminin sur des thèmes harmonisés pour plusieurs voix, ainsi que sur une approche ludique de l'improvisation.
Pour plusieurs des participants, chanter le jazz et ses improvisations était une première, mais l'enthousiasme et la perspicacité dont ils ont fait preuve ont donné un beau résultat.
Devant un petit auditoire accueilli par le directeur, Denis Haberkorn, les stagiaires ont restitué leur expérience vocale avec un répertoire de standards du jazz, «Four Brothers», «Blue Monk», «Agua de Beber» de A. Carlos Jobim et «Ko Kuma», un chant africain du Mali, d'après Ousmane Sacko.



© L'Alsace, 23-07-2005
Voyage dans le temps au Kleebach


Ce samedi 16 juillet, une audition de fin de stage a permis au public de découvrir la rencontre entre les poèmes du XVe siècle avec les compositeurs contemporains. Bernard Beck, chef de chœur de l'ensemble Vocaléïdos de Mulhouse et formateur au Capa (centre d'art polyphonique d'Alsace) a offert à une vingtaine de stagiaires, venu de toute la France et de Suisse, un répertoire vocal original. Au travers d'une semaine de stage, du 11 au 16 juillet à la maison du Kleebach, ils ont étudié un répertoire de petits chœurs de rondels de Charles d'Orléans mis en musique par Claude Debussy, Roger Calmel, Charles Koechlin, Guy Ropartz, Jean-Michel Damase et autres compositeurs contemporains. À partir de l'analyse des partitions, de la pratique quotidienne en quatuors, d'un travail exigeant sur l'écoute et la justesse, ce petit concert de fin de stage samedi matin était un véritable cadeau pour les auditeurs. En quelques jours c'est un véritable chœur de chambre homogène, très présent et complice de son chef de stage qui a séduit une assemblée ravie.


© Dernières Nouvelles d'Alsace, 19-07-2005
Charles d'Orléans a capella


Lors de l'audition publique qui a clos le stage, Bernard Beck a dirigé le chœur qu'il a formé durant cinq jours. (Photo DNA - Christian Motsch)

Le Centre d'art polyphonique d'Alsace, sur les hauteurs de Munster, a oragnisé la semaine dernière un stage de chœur de chambre. Au répertoire, des textes de Charles d'Orléans sur des musiques contemporaines.

Vingt choristes - treize femmes et sept hommes - venus de toute la France ont participé à ce stage de cinq jours, proposé par le Centre d'art polyphonique d'Alsace (Capa) sur son site du Kleebach à Munster et animé par Bernard Beck, formateur au Capa, qui dirige également le chœur de Haute-Alsace et le chœur Vocaléïdos à Mulhouse. Connu pour ses stages associant chœur et chant autour d'une grande œuvre, le Capa a innové avec ce stage de chant a capella.
« C'est un vrai bonheur », s'entousiasme une choriste venue de Grenoble. « C'est d'autant plus intéressant que notre groupe est très hétérogène, à la fois par le niveau, mais aussi par les individus, d'âges et de parcours différents, qui ont des expériences variées dans le chant » note la stagiaire grenobloise, choriste depuis un an à peine, qui estime avoir beaucoup progressé en cinq jours.
En effet, ce stage axé sur le chœur de chambre, « place les chanteurs dans des situations souvent inédites pour eux, où ils se retrouvent à chanter à un par voix, au sein d'un quatuor. C'est un exercice difficile, puisqu'on ne peut pas tricher en se reposant sur son voisin. Mais c'est aussi terriblement formateur. Les progrès des choristes sont énormes » explique Bernard Beck.
Le répertoire était composé de huit pièces, dont les textes du poète du XVe siècle Charles d'Orléans étaient accompagnés de musiques du XXe siècle de Claude Debussy, Roger Calmel, Charles Keichlin, etc... « Des œuvres intéressantes à écouter et à travailler, qui ont donné du grain à moudre à nos choristes » commente le formateur. Une œuvre notamment a eu une résonnance particulière dans la salle surchauffée où les choristes, au cours d'une audition, samedi matin, ont livré le fruit de leur travail, « En hiver du feu, du feu. En été, à boire, à boire ».



© L'Alsace, 10-07-2005
Les jeunes fuguent au Kleebach


Consacré aux chansons de Michel Fugain, le concert a réuni tous les participants pour un effet comédie musicale

Vendredi soir, 54 enfants et 19 jeunes ont terminé leur semaine de stage au Kleebach par un tour de chant très animé. Léa, Anne-Claire, Olivier, Anne-Sophie, Albane et Christelle ont été remerciés en chanson par « tous les capaciens et toutes les capaciennes » pour leur travail sur ce spectacle intitulé « Je fugue, tu fugues, il fugue… nous Fugain ». Mêlant ingénieusement le stage de direction de chœur d'enfant sur la thématique du « spectacle qui bouge » et un stage de chant pour enfant, la semaine aura conduit cette ambiance de jolie colonie de vacance à une belle histoire de musique. Consacré aux chansons de Michel Fugain, le concert a réuni tous les participants pour un effet comédie musicale, les petits chanteurs ayant eux-mêmes réalisé les décors de la scène et les programmes. Les parents se sont volontiers laissés prendre au jeu des refrains, tendrement interprétés dans l'amphithéâtre extérieur et accompagnés par le directeur du CAPA, Denis Haberkorn, au piano. À la fin du concert, le nouveau directeur de la maison du Kleebach, Denis Klein, a félicité les animateurs et c'est avec beaucoup d'émotion que les stagiaires se sont dit au revoir avant de partir en vacances « là-bas vers le midi ».

Jeen Heine



© Dernières Nouvelles D'Alsace, 10-07-2005
Ça chante et ça bouge


A la manière de la Star'Ac.(Photo DNA)

Le CAPA (Centre d'Art polyphonique d'Alsace) a organisé cette semaine et pour la 4e année consécutive, dans le beau cadre du Kleebach, un stage de direction de chœur d'enfants couplé à un stage intitulé "ça chante et ça bouge", destiné celui-là, au jeune public.

Chef de chœur spécialiste de la chanson de variété, Christèle Barléon, directrice de la chorale "A travers chants", a proposé à une quinzaine de chefs de chœur d'enfants et d'enseignants de mettre en œuvre un répertoire adapté à un public d'enfants ou adolescents en travaillant la gestique de direction du point de vue technique.
En s'appropriant une démarche efficace et dynamique pour aider les jeunes à mémoriser et à affiner la justesse de l'interprétation, et en s'appuyant sur la musique pour imaginer une gestuelle adaptée et la mettre en scène, les stagiaires ont travaillé "en situation" en profitant d'un chœur-pilote formés de 53 jeunes, venus de la proche région mais également d'autres départements.
Ces derniers se sont essayé à la variété, à la chanson française et à la danse en soliste ou en groupe. Sous la direction de Marie-Hélène Suply et d'une fidèle équipe d'animateurs armés d'un bagage musical et titulaires du BAFA, outre les multiples activités toujours liées au chant, les jeunes ont mis en place un spectacle plus que vivant, avec décor et costumes, en travaillant à la manière d'une troupe d'artistes, genre Star'Ac ou "Popstar".
En clôture de stage, jeunes et adultes ont donné vendredi soir une représentation en plein air devant leurs familles, plutôt ravies du résultat.

 



© Dernières Nouvelles d'Alsace- 30.6.2005
Choristes d'Alsace, comptez-vous !


Denis Haberkorn. Au Centre d'art polyphonique d'Alsace.(Photo DNA-Nicolas Pinot)

Le Centre d'art polyphonique d'Alsace réalise un état des lieux exhaustif des pratiques chorales.


S'il est acquis que l'Alsace est terre de prédilection pour le chant choral, personne ne sait aujourd'hui combien la région compte précisément de choristes. Les 800 chorales et 45 000 choristes habituellement invoqués ne semblent plus refléter une réalité confrontée à la fois à l'émergence de nouveaux répertoires et à un vieillissement des pratiquants. C'est pourquoi le ministère de la culture a demandé au Centre d'art polyphonique d'Alsace (Capa) de réaliser une analyse approfondie des pratiques vocales dans la région.


Courriers et questionnaires

Cet état des lieux veut recenser tous les ensembles vocaux du territoire, connaître les types de répertoires, les profils des chanteurs et de leurs responsables, leurs modes de fonctionnement. Ces connaissances fines de la situation permettront au Capa d'identifier les besoins et les évolutions futures, pour adapter ensuite son action, notamment en termes de formation et d'encadrement. La première étape consiste à repérer les ensembles, quels que soient leur origine (associatif, liturgique..), l'âge des chanteurs (enfants, adultes, seniors...) et le statut (associatif, indépendant, rattaché à une fédération, MJC, centre socioculturel, éducation nationale...). Le Capa lance un appel à tous les acteurs de terrain pour que personne ne soit oublié, « dans l'intérêt des chorales elles-mêmes », souligne Denis Haberkorn, son directeur.
Une lettre a été envoyée dans ce sens aux 906 communes d'Alsace. Et l'on s'appuiera sur les sept fédérations alsaciennes de chant choral pour étoffer l'enquête. Des questionnaires seront envoyés à l'automne à tous les groupes recensés. Les premiers résultats devraient être connus au 1er trimestre 2006. L'analyse finale constituera par la suite un outil fiable, au service des politiques culturelles.

F. By



© L'Alsace - 22.6.2005
Chant choral : le grand recensement



Vanessa Meyer Wirckel
L'Alsace compte des chœurs de toutes sortes, allant de la traditionnelle chorale d'église aux formes les plus nouvelles et les plus dynamiques du chant.

Le Centre d'art polyphonique d'Alsace a entrepris de réaliser l'état des lieux des pratiques chorales à travers la région.
Denis Haberkorn, le directeur du CAPA, vient d'écrire à tous les maires d'Alsace pour leur faire part de ce qui sera le « grand chantier d'automne » du Centre d'art polyphonique d'Alsace : le recensement de toutes les pratiques chorales d'Alsace, dont la Fête de la musique a prouvé, une nouvelle fois si besoin était, la forte vitalité. Un chantier qui s'est ouvert début juin et dont la responsabilité incombe à Isabelle Humbert.

"40 000 choristes en Alsace : un chiffre surévalué ? ”
La jeune chargée de mission explique : « Si l'état des lieux est prévu à partir de l'automne, la première étape consiste à repérer dès à présent l'ensemble des groupes vocaux qui exercent une activité en Alsace, quels que soient leur origine, l'âge des membres ou leur statut ». « Nous en connaissons un certain nombre, poursuit Isabelle Humbert, mais la pratique est si diversifiée qu'il est difficile d'avoir un regard exhaustif ». D'où l'appel lancé aux maires mais aussi aux chœurs et chefs de chœur (lire encadré). En organisant ce grand recensement, dont la réactualisation sera faite tous les cinq ans, le CAPA répond à une demande du ministère de la Culture. Le même état des lieux est en cours ou a déjà été mené dans d'autres régions. Celui-ci sera réalisé en Alsace en collaboration avec les partenaires publics et les sept fédérations qui couvrent les deux départements du Rhin. L'Alsace a une réputation bien assise dans le domaine du chant choral, au point de passer pour la première région vocale de France. Mais « nous manquons de visibilité », en particulier sur la réalité des chiffres, reconnaît volontiers Denis Haberkorn, qui attend beaucoup du chantier en cours. « On cite fréquemment le chiffre de 40 000 choristes en Alsace. Est-il sous-évalué ou surévalué ? L'état des lieux permettra de le dire ». Un autre indice de la vitalité des pratiques chorales est leur extrême diversité. L'Alsace compte des chœurs de toutes sortes, allant de la traditionnelle chorale d'église à des formes nouvelles et plus dynamiques de chant, où la voix se trouve associée au mouvement ou qui renouvellent la palette des influences musicales, allant du gospel à la chanson française. « L'objectif de cette enquête est d'avoir une connaissance exhaustive de la situation actuelle du chant choral en Alsace », note Denis Haberkorn dans la Lettre de juin du Centre d'art polyphonique d'Alsace. Mais l'opération a un deuxième intérêt. « Nous détiendrons ainsi les outils qui nous permettront d'anticiper les demandes et évolutions futures et de mieux adapter nos actions aux besoins des chorales et du public ». Dans ce domaine aussi, toutes les questions restent ouvertes.


Lucien Naegelen



© Dernières Nouvelles d'Alsace - 24.4.2005
Un nouvel envol


Le Centre d'art polyphonique d'Alsace poursuit sa mutation : il élargit son offre de formations vocales et accroît son ancrage régional. Et un projet de modernisation de la maison du Kleebach.
Labellisée Centre d'art polyphonique d'Alsace (Capa) et propriétaire de la Maison de la musique et de la voix du Kleebach, à Munster, l'Association régionale pour la formation et le développement de la musique vocale (Arefac) « reprend son envol » après une décennie d'activités marquée par un déficit cumulé de 100 000   en 2002 qui avait conduit à envisager la vente des bâtiments.
C'est le message lancé hier par la présidente Anne-Marie Jean, en préambule à l'assemblée générale de l'association. Après un résultat excédentaire de 46 000   en 2004 pour un budget de 700 000  , le déficit cumulé s'établit à 12 000  . Ce redressement est le fruit d'une politique de relance et d'« une gestion plus professionnelle et serrée » menées depuis deux ans à la fois pour le Capa et la m! aison du Kleebach.

Cellule de conseil, d'information et de formation, le Capa s'est ouvert à de nouveaux répertoires et à l'ensemble des pratiques vocales pour toucher un public élargi. Parmi les succès : les stages pour le jeune public, les sessions pour choristes autour d'une œuvre spécifique et les stages d'été de directeur de chœur.
Le conseil d'administration de l'Arefac a par ailleurs décidé de cesser l'activité de centre de documentation dès juillet. Le fonds documentaire de cette bibliothèque de partitions comprenant 38 000 titres, devrait être cédé à une ou plusieurs structures accessibles au public. Le Capa prévoit aussi de déménager dans les mois à venir en Centre-Alsace, dans des locaux qui lui offriront un meilleur rayonnement régional.

L'option touristique
Après une difficile année 2003, la fréquentation du Kleebach a progressé de 11 % (3 500 personnes). De nouveaux publics investissent les lieux comme des compagnies d! e théâtre et de marionnettes ainsi que des publics locaux. Si l'activité de la maison est aujourd'hui redevenue rentable, elle reste fragile à moyen terme. La conquête de nouveaux clients impose la rénovation de l'établissement en termes de sécurité et de confort.
Un projet d'investissement de 950 000   est en cours de finalisation avec les partenaires publics au titre du développement touristique. « Notre volonté est de maintenir l'esprit du lieu et son ancrage dans la musique. C'est un atout et un élément de différenciation », prévient Anne-Marie Jean qui souhaite clore le dossier dans les prochaines semaines de manière à pouvoir lancer les travaux en janvier.

Franck Buchy


© L'Alsace - 24.4.2005
Arefac : la fin des fausses notes ?


Même si tout n'est pas encore réglé, l'horizon s'éclaircit pour l'Association régionale pour la formation et le développement de la musique vocale (Arefac), qui tenait hier son assemblée générale dans sa maison du Kleebach, sur les hauteurs de Munster. Après avoir cumulé jusqu'à 100 000   de déficit en 2002, la structure a dégagé en 2004 un résultat positif de 46 000   (sur un budget de quelque 700 000  ). Du coup, le déficit associatif est en voie de résorption : il n'est aujourd'hui plus que de 12 000  . « Nous sommes très fiers de ces résultats », se félicite Anne Suply, membre du conseil d'administration, approuvée par la présidente Anne-Marie Jean qui ajoute : « Nos deux structures (le Centre d'art polyphonique d'Alsace pour la partie artistique et la Maison du Kleebach pour l'hébergement) ont contribué à parts quasiment égales à ces bons chiffres ».

Résultats positifs
L'embellie de l'Arefac est due à plusieurs facteurs, notamment un fort soutien de la part des sympathisants, qui avaient mis la main à la poche dans le cadre d'une souscription, et une forte implication de l'équipe des salariés et des bénévoles. « Depuis 2002, la nouvelle équipe du conseil d'administration s'est attelée à gérer les choses de manière plus professionnelle », explique la présidente. Une gestion rigoureuse donc, mais aussi une réorientation des activités. Le Capa a été repositionné non plus seulement sur le chant choral, mais sur l'ensemble des pratiques vocales, et son public a été rajeuni. Des partenariats ont été développés avec Voix et routes romanes, avec les centres socioculturels haut-rhinois ou encore avec le conservatoire de Strasbourg. Le Capa a également décentralisé ses formations grâce à des « ateliers de proximité » organisés dans 20 villes alsaciennes. Une initiative couronnée de succès : 125 Bas-Rhinois et 144 Haut-Rhinois y ont participé l'an dernier.

950 000   de travaux
La Maison du Kleebach s'est elle aussi ouverte sur l'extérieur. « Les activités traditionnelles de travail vocal ne suffisant pas à remplir les locaux, nous avons décidé d'accueillir tous les types de publics », précise Anne-Marie Jean. L'accueil des stages du Capa et des chorales représente mois de 60 % de la fréquentation, le reste étant constitué par des classes musicales (15 %), des groupes musicaux (10 %), des associations, groupes d'étudiants ou séminaires (14 %) et même des touristes « ordinaires » (3 %). Afin d'améliorer le confort et la sécurité des lieux, des travaux sont programmés pour un montant de 950 000  . Ils permettront de mettre les locaux aux nouvelles normes de sécurité et d'assurer un accès direct aux toilettes depuis toutes les chambres. La capacité actuelle (72 lits) devrait quasiment rester au même niveau. Les travaux pourraient être réalisés début 2006. Actuellement, le plan de financement (subventions, mécénat, souscription et autofinancement) est à l'étude. Par ailleurs, l'équipe dirigeante a fait le choix d'abandonner une des activités de l'association : la gestion de la bibliothèque de partitions. Des contacts sont en cours pour céder à une autre structure cette « partithèque » de quelque 40 000 titres afin qu'elle reste accessible au public.

.D.V.

© Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 16.4.2005
Le monde en musique



Les stagiaires choristes ont répété toute la semaine pour la représentation d'aujourd'hui à 11 h devant leurs parents. (Photos DNA-Gil Michel)

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Deux stages pour jeunes et adultes autour du thème « Musique du monde » se terminent aujourd'hui au Kleebach à Munster. Organisés par le Centre d'Art Polyphonique d'Alsace, ils promeuvent la chorale, façon actuelle.

Trente-six enfants participaient cette semaine au stage organisé par le Centre d'Art Polyphonique d'Alsace. Autour d'un thème, « Musique du monde », ils sont partis à la découverte du chant de tous les continents. Depuis dimanche dernier, les enfants et adolescents de 7 à 15 ans ont ainsi chanté de la musique latino, africaine et créole. Ceux qui le souhaitaient ont apporté leurs instruments : harpes, flûtes traversière et à bec, violon, trompette, djembé... et accompagnent les chants. Les autres bougent en rythme sur la musique populaire et exotique. « Certains enfants qui sont là ont déjà une formation musicale, mais d'autres viennent par curiosité, explique Albane Joerger, intervenante musicale. Comme ils sont en vacances, le rythme n'est pas trop intensif, trois séances de trois quarts d'heure par jour, mais les parents savent que l'enseignement est de qualité. »


« Musique plus dynamique »
Spécialisé en l'organisation de stages musicaux, le CAPA renouvelle ces formations aux jeunes à toutes les vacances scolaires. Cette semaine, le Kleebach accueillait en même temps un stage de direction pour les chefs de chœur. « C'est ce qui fait la particularité de ces stages, explique Bernard Beck, intervenant au CAPA et responsable de la formation. Les jeunes et les adultes ont une formation séparée, mais se retrouvent une fois par jour pour que les chefs de chœur s'exercent en situation. » Car diriger, cela s'apprend aussi. A raison de 7 h par jour, les onze apprentis chefs de chœur s'entraînent aux bons gestes de direction, réfléchissent aux moyens pédagogiques pour enseigner un nouveau chant, étudient comment mettre en œuvre les séances de travail des enfants. « Nous avons besoin de ces chefs de chœur, ajoute Bernard Beck. Actuellement il y a très peu de chorales, pour beaucoup de demandes. Ici, nous souhaitons les pousser à sortir du répertoire classique, à enseigner une musique plus dynamique. »

Timouns, maori et masaï
Pour alléger les cours, les jeunes chanteurs sont répartis en trois groupes d'âges : timouns, maori et masaï. Mais même pour les masaï, les plus grands, rester une semaine en internat serait vite pesant sans les animations proposées par des titulaires du Bafa. « Nous rentrons dans le thème de la semaine de manière ludique, explique Marie-Hélène Suply, animatrice et directrice du stage. Par exemple par l'artisanat exotique. Jusqu'ici, nous avons déjà réalisé des perles de bois, des ponchos boliviens, des boubous africains, des molas sud-américains avec la technique des Kuna indiens, des poupées congolaises... Nos repas sont internationaux : fruits exotiques, jambolaya africain, rôti de porc créole à l'aigre-doux... Les enfants sont ravis. Certains reviennent même à chaque vacances. Pour eux, c'est aussi un premier apprentissage de la vie en collectivité. »

Graciane de La Gorce


© Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 6.4.2005 - Colmar - A la villa Fleck
Flamboyante Espagne



photo DNA du 3 avril

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Nicole Schwerer et les chœurs de « l'Atelier voix » du Centre Polyphonique d'Alsace se sont produirs dimanche à la Villa Fleck à Ingersheim.
Leur programme, intitulé « Couleurs d'Espagne » était illustré par de flamboyants costumes, les femmes en belles espagnoles et leurs non moins fringants compagnons, tous en rouge et noir.
Gérard Cronenberger le maire a accueilli le public et les musiciens dans cette salle de musique devenue un peu trop petite pour contenir tous les amateurs de musique espagnole.
Le programme était composé de Polyphonies de la Renaissance et de morceaux populaires interprétés en chœurs ou en solo, accompagné par Joël Rusch à la guitare et Geneviève Philip au piano.
Le plus espagnol des compositeurs français, Georges Bizet n'était pas oublié et c'est avec des extraits incontournables de Carmen que les musiciens ont vraiment enchanté le public. Karine Gudin en parfaite Carmen a chanté l'air de « Habanera » et Catherine Laffely « Près! des remparts de Séville ». « Les tringles des sistres » ont été interprétées par Frédérique Macquet et « L'air de Michaëla » par Elisabeth Petermann.
C'est Jean Lihrmann qui campait un « Toréador » plus touchant que téméraire mais qui n'avait pas oublié l'essentiel : « que l'amour l'attend ».
Nicole Schwerer et Frédérique Macquet se sont relayées dans une série de chansons populaires espagnoles et s'est avec une « Sardane » que le chœur a pris congé du public ravi et enchanté des souvenirs de voyage que Nicole avait ramené d'Espagne.

© L'Alsace - 6.3.2005
Je, tu, il... l'Alsace chante



« En Alsace, quel que soit l'âge ou le niveau, tout le monde a accès au chant et peut y trouver son compte ».
Lucien Naegelen
(Photo L'Alsace/Jean-Marc Loos)

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40 000 choristes et une tradition profondément ancrée font du Haut-Rhin et du Bas-Rhin la première région vocale de France, où la voix explore désormais de nouvelles voies.

En matière de chant choral, l'Alsace joue une partition haut de gamme, dans une roborative polyphonie. Voici trois profils qui l'attestent. Le dessinateur Gièfem. Son ami Jean-Michel Schmitt. Et Bernard Beck. Le premier dirige la chorale Ste-Cécile de Sentheim. Le style offices du dimanche, un concert tous les deux ans, une revue de cabaret l'année d'après. Jean-Michel Schmitt est, lui, à la tête du Chœur des garçons de Mulhouse. Plus de cinquante jeunes, recrutés dans la mouvance de l'école Jean XXIII et qui se souviendront longtemps de leur voyage en Chine l'an dernier. Quant à Bernard Beck, qui a lontemps animé la Saltarelle, il dirige le Chœur de Haute-Alsace et a créé l'ensemble Vocaléidos pour aller plus loin dans sa quête de l'excellence, à la tête de 25 choristes confirmés.

Une galaxie de personnalités
Trois profils au cœur d'une galaxie de personnalités fortes, souvent charismatiques. Avec comme têtes de file Arlette Steyer, Jean-Luc Roth ou Catherine Boltzinger. Mais aussi Catherine Fender, le chef qui monte. Erwin List, dont le nom est intimement lié à l'histoire du Kleebach. Martin Gester, Christèle Barléon et encore Marcel Pérès. Plus la cohorte des sans-grade du chant choral, qui ont fait de cette région une terre bénie d'Euterpe, la muse de la musique et de la poésie lyrique. Option basse aujourd'hui : 30 000 choristes au moins se répartissent de Wissembourg à Saint-Louis, entre sept fédérations. Hypothèse haute : ils sont plutôt de l'ordre de 100 000, selon ceux qui « prennent en compte tous les petits groupes », indique Anne-Marie Jean, la présidente du CAPA, le Centre d'art polyphonique d'Alsace. Elle-même aurait tendance à bloquer le curseur sur 40 000. L'Alsace, donc, chante. Sur tous les modes, du plus petit village aux grandes cités. Et sur tous les tons : du chant soliste au chant choral, des airs populaires aux musiques savantes. « Pour moi, dit Denis Haberkorn, directeur du CAPA depuis six mois, l'engouement qui s'est cristallisé en 2004 autour du film''Les choristes'' traduit cette envie de chanter, qui s'est développée depuis quinze ans, bien plus qu'il ne la révèle ».


Denis Haberkorn, directeur du CAPA.
(Photo L'Alsace/Jean-Marc Loos)

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Du rap au gospel
Denis Haberkorn : un profil à l'image de la diversité ambiante. Ancien pianiste de jazz, contrebassiste d'orchestre symphonique, chef de chœur et membre du sextuor vocal « Maybe Five ». Car au cours de cette période récente, le chant s'est ouvert à de nouvelles inspirations. On est sorti du strict répertoire classique pour se laisser gagner par d'autres musiques, qui vont du rap au jazz et au gospel en passant par toutes les formes du rock ou de la chanson. Si bien qu'aujourd'hui la discipline — quel vilain mot ! — balaye en Alsace un spectre exceptionnellement étendu, qu'un amateur résume ainsi : « Quel que soit l'âge ou le niveau, tout le monde a accès au chant et peut y trouver son compte ». Ce dont les Alsaciens ne se privent pas.

Une nouvelle génération
En même temps que les nouvelles tendances cohabitent désormais avec le répertoire traditionnel, une autre évolution fait émerger une génération de chanteurs préférant s'engager sur un projet, par exemple autour d'un chef ou d'un objectif, plutôt que de se lier à une institution ou à une structure. Un zapping dont l'effet induit est une plus grande difficulté à fidéliser sur la durée, dans un contexte où la moyenne d'âge est plutôt élevée (autour de 50 ans voire plus). Ce qui n'empêche pas des ensembles même trentenaires de dégager, souligne Denis Haberkorn, un dynamisme étonnant.

Lucien Naegelen



© L'Alsace - 6.3.2005
Le Kleebach : un projet de développement



Le Kleebach dans la vallée de Munster a été acquis par l'Arefac (fédérations du chant choral) en 1974. Trente ans après, la maison de la musique et de la voix se remet d'une crise financière (un déficit de 100 000 euros) qui a ébranlé l'institution. Quel avenir pour ce lieu mythique, que bien des régions envient à l'Alsace ?

« Au milieu du gué »
« L'activité d'accueil et d'hébergement de l'association, répond Anne-Marie Jean, présidente de l'Arefac-CAPA, est sortie de la zone de turbulence. La gestion a été rationalisée, les contrats de sous-traitance renégociés, les frais fixes réduits, l'activité est en l'état rentable. Mais nous ne sommes encore qu'au milieu du gué ». Un projet de développement doit permettre de « viser de nouvelles cibles en cohérence avec nos activités actuelles », précise-t-elle. « Nous devons maintenant affiner le plan marketing, le projet architectural et le business plan pour boucler les financements et lancer les travaux ». Objectif : poursuivre les formations et l'accueil des chorales et ensembles musicaux, mais aussi s'ouvrir à d'autres groupes. Un accord de principe a été trouvé auprès des partenaires publics. Quant au CAPA, il est en quête de nouveaux locaux en Centre Alsace « pour favoriser son rayonnement sur toute l'Alsace ». Recherche 150 m² entre Colmar et Sélestat, faire offre au numéro de téléphone suivant 03.89.77.91.82...




© Dernières Nouvelles d'Alsace - 22.2.2005 - Munster
Culture yddish au Kleebach


Ce vendredi soir, la chanteuse Astrid Ruff a donné une démonstration pleine de vie de la culture yddish. Les stagiaires du CAPA et le public ont pu vivre un concert exceptionnel dans une ambiance de fête.
« L'ivresse de l'amour, l'ivresse tout court », ou comment la voix incroyable d'Astrid Ruff, accompagnée par l'accordéon d'Yves Weyh, stimule les sentiments du public. La chanteuse des « Mamas and Papas », danseuse et comédienne, est une femme enthousiaste et pleine de vie.
Son amour de la culture yddish, elle l'a transmis pendant quatre demi-journées à ses quatorze stagiaires du Kleebach. « J'ai eu plaisir à travailler avec des gens soucieux de la culture juive, dans le sens le plus ample du terme, pas seulement musical. Cette culture n'est pas uniquement religieuse, elle les a intéressés malgré les obstacles linguistiques », explique Astrid Ruff. Pour les remercier et animer un peu plus encore le stage qui prenait fin le lendemain, elle a installé son réperto! ire sous les combles de la maison où l'on a failli manquer de chaises pour accueillir le public.
Parmi eux, Chantal de Schiltigheim, plus habituée aux chorales alsaciennes, qui a souhaité participer après avoir vu d'Astrid en concert à Biesheim, « J'avais vraiment été très émue par sa prestation, j'ai retrouvé ces sensations au cours de ce stage. De plus, la proximité entre langues yddish et alsacienne m'a beaucoup aidé. C'est une manière de ne pas oublier les juifs qui habitaient en Alsace dont on doit se souvenir ».
Tout à fait d'accord avec elle, Nicole de Rouffach est une linguiste qui était pourtant tout à fait étrangère au chant et qui s'est laissée emporter par la personnalité très attachante d'Astrid Ruff, l'engageant même à poursuivre les prochains stages pour développer sa connaissance culturelle du yddish. Le concert a oscillé entre grâce gestuelle, poésie vocale et festivités pour se terminer par un pot de l'amitié.

J.H.



© Dernières Nouvelles d'Alsace - 13.2.2005 - Ribeauvillé - Kaysersberg
Travailler sa voix...


La troupe de théâtre «Sac à Puces» d'Aubure perfectionne sa voix pendant l'hiver. Profitant des offres du centre polyphonique d'Alsace (CAPA), les acteurs reçoivent tous les quinze jours, Dominique Tortiello, chanteur lyrique, qui leur fait travailler la voix parlée.
«Nous souhaitions perfectionner notre travail théâtral par un des aspects essentiels souvent laissé de côté par les comédiens amateurs : la voix», explique Marie-Paule Gay, metteur en scène. «Lors de notre dernier spectacle, Arpège pour amours contrariés, les comédiens du groupe ont dû changer de registre de voix avec plus ou moins de difficulté. L'idée est venue de travailler la voix et de mieux connaître notre organe pour mieux l'apprivoiser et le transformer au fil des rôles futurs».
Avec Dominique Tortiello, les comédiens découvrent au fil des rencontres des possibilités qu'ils ne connaissaient pas. Respirer différemment, projeter sa voix par le haut, travailler l'ouverture du palais, «tout un t! ravail qui demande de la concentration», commente le chanteur. Dominique Tortiello part des textes du spectacle et, au fil des mots, les voix se transforment, se placent. Chacun se découvre des possibilités vocales ignorées. «Nous nous prenons au jeu et nous souhaitons également aborder la voix chantée» ajoutent Michel Hug et Claude Marchal. Le chant sera donc aussi au programme, car dans le prochain spectacle du Sac à Puces, celui-ci aura une place intéressante.
En attendant, de rejouer «Arpège pour amours contrariées» fin avril à Bergheim, dans l'ancienne synagogue, la troupe prépare parallèlement une nouvelle pièce pour fin octobre, dans une ambiance cabaret.


© Dernières Nouvelles d'Alsace - 4.1.2005
Lumière et paix



Le concert de la Saint-Sylvestre au Kleebach.(Photo DNA/Julien Kauffmann.


Vendredi soir, au Kleebach, « En Musique l'An Neuf 2005 » était placé sous le signe de la Lumière et de la Paix pour les stagiaires du chef israélien Avner Itaï et de Jean Sturm.


Les voici prêts après trois jours de répétitions assidues, tous les stagiaires de l'incontournable concert de la Saint-Sylvestre du Kleebach. Jamais ce lieu aussi enclin au calme n'avait été si paisible, comme s'en est étonné Denis Haberkorn: « C'était un objectif atteint avec la participation de Avner, et quel plaisir pour moi qui séjournait également ici que d'évoluer parmi un tel univers de paix ». Les participants très volontaires ont effectué un travail intense pour que le concert soit réglé à temps, ils y ont mis leur cœur, « à la folie ». Quelle belle preuve d'amour pour le chant choral ! Et même si Avner Itaï est un chef qui en demande beaucoup, ils l'en remercient tous énormément. Né en 1934, il a vécu avec les intifadas, la raréfication des relations israélo-arabes, les menaces kamikazes et, aujourd'hui, il reste profondément humaniste. La culture juive est internationalement présente, et, alors qu'Israël subit les horreurs de la guerre, Avner Itaï change les s! aignements de son cœur en inspiration pour la Paix. Pas de discours, il laisse s'exprimer la musique de Chœur, « Shalom alekhem », bienvenue les Anges de la Paix, ainsi commence le concert pour lequel le public et les personnalités de la vie culturelle de la vallée avaient répondu présents. Les chants juifs de Hanuka, la Fête des Lumières équivalente de Noël, sont interprétés avec grande conviction par les stagiaires appliqués; chansons d'enfants « Ner Li, Ner Li », la bougie de Hanuka, ou « Banu hocheh legarech », nous sommes venus pour chasser l'obscurité chacun avec sa petite étincelle. La Lumière rassurante guide vers la Paix. Puis, sous l'oeil approbateur du chef assis parmi le public, les groupes de musique de chambre chantent Mozart. Une partie très personnelle et intime avant que Jean Sturm ne reprenne la direction des choristes pour une séquence de musique française sur la thématique du temps qui s'écoule comme sous le « Pont Mirabeau » issu du poème de Guillaume ! Apollinaire.
Entrelacé dans d'autres chansons juives, le public aura eu l'occasion d'entendre l'appel de Mendelssohn « Hör' mein Bitten », composition de musique sacrée originellement conçue pour un public anglais et terminée peu avant le décès du compositeur minutieux.
Pour terminer le concert mais aussi le stage qui a du leur paraître trop court, les élèves de M. Itaï ont interprété le très célèbre et joyeux « Hava Naghila » avant de se dire « lehitraot, au revoir ».

Jeen Heine

 

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